16.03.2007
Totis a Besiers !
Je ne sais toujours pas pourquoi mais, lorsque nous jouions à la belote coinchée, le samedi soir, dans la salle enfumée du café de la Place, à Puichéric, de temps en temps, en plein milieu d'une enchère, un "vieux" s'écriait en jetant ses cartes sur la table qui, elle, restait de marbre : "Vau a Besiers !" Paraît qu'il y avait une histoire de bordel là-dessous mais les bordels, on les a fermés depuis longtemps alors, on n'en parle plus. On n'en parle plus ? Bon, tant pis...
Par contre, on peut encore parler la langue d'Oc et aussi la défendre. Demain, à Béziers, se tient la manifestation "Anèm ! Oc" pour la défense de la langue occitane. La défense de la langue et de la culture. Alors, anatz a Besiers per defendre la nostra lenga, bordel !
Mon ami Laurent Rouquette annonce magnifiquement cette manif dans sa chronique hebdomadaire télévisée. C'est sur Canal Cités, à un clic d'ici.
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26.02.2007
Marti fa de politica / Co milhor
Et le voilà, le meilleur (Co milhor) de Claude. Seize parmi ses plus belles chansons. On dira malgré lui de certaines qu'avec le temps, elles sont devenues emblématiques. Montségur, évidemment : Cinq cents vous étiez à Montségur / Qui saviez ce que vivre veut dire / Cinq cents étiez à Montségur / Sûr, au-delà de l'azur / Sûr, loin, là-bas, derrière l'azur (je traduis... librement). Lo pais que vol viure : "Maman, je me souviens / De tout ce que tu racontais / Je veux chanter le vent / Qui parle en langue d'Oc". Et ces commandos de la nuit qui, dans les années 70, empruntant les sentes obscures des Corbières, allaient faire péter les poches pleines des profiteurs : "Nous n'avons pas tremblé devant le Tigre / En 1907 / Nous nous foutons comme d'une figue / Des menaces de Ponia..." (Ponia, pour mémoire, c'était Poniatowski, le ministre de l'intérieur de Giscard, celui qui fondait comme le plomb les mots matraque et démocratie en un seul et même vocable, quelle sale époque, vraiment... J'avais quinze ans et des frissons dans le dos, je sentais le froid, la nuit, se répandre sur la mémoire des miens). Galilée ? Il en parle, Claude, à sa manière. Ce qu'il retient de l'homme, c'est encore, comme toujours chez Claude, une histoire d'homme : "Salut à la docte assemblée / J'avoue que trois plus trois font sept", froide mathématique de la dictature, allons, ailleurs, là où "Nous sommes un morceau d'étoile / Un caillou lancé dans le noir"...
C'est tout cela, Marti, et plus encore, en seize chansons réorchestrées avec sa tribu de musiciens fidèles. Tout cela, et plus encore. Je me souviens, un jour d'enfance, c'était un dimanche, nous allions visiter, mes parents et moi, notre oncle et notre tante de Béziers. "Juju", nous l'appelions. Son vrai prénom, c'était Juliette. Je l'adorais. Son petit appartement vétuste de la rue du Cirque était, pour mon regard d'enfant, une caverne d'Ali-Baba. Il y avait de tout, dans ce bric-à-brac que je trouvais génial. Des perruches dans une cage qui chantaient à tue-tête. Des vierges en verre contenant de l'eau bénite de Lourdes. Et ces petits pantins montés sur des cylindres de bois que l'on désarticulait par une simple pression du doigt. En chemin, je récitais dans ma tête des chansons de Bob Dylan, extraites de son album de cette année-là, "Desire". Et Marti, il était tout à côté, là, près de moi. Il avait pris la forme physique de ma guitare sur laquelleje plaquais avec maladresse mes rêves d'adolescent. Sur la caisse de cette guitare que j'ai perdue depuis longtemps déjà, j'avais apposé un autocollant "Oc", imprimé en caractères bien gras sur un fond blanc, il avait la forme ovale d'un ballon de rugby, ou d'un projectile que tu balances à la tête de ceux qui n'ont qu'une obsession, celle de t'effacer de la vie et de l'histoire.
Sauf que derrière tout cela, il y a les troubadours, les sculptures romanes du Maître de Cabestany, et les chansons de Claude, et ce pays, le mien, qui est aussi le vôtre, ce pays qui veut vivre, l'Occitanie, terre de la rencontre, de l'ouverture aux civilisations, terre dont l'histoire se confond à l'histoire des hommes. Et si nous ne restons pas agrippés à cette idée que l'Histoire avec un grand H, ce n'est jamais qu'une histoire d'hommes, nous glisserons brutalement dans le Néant.
Marti, il nous protège de cela. Il nous protège du néant. Alors avec lui, oui, je vais "voir les bateaux / Et devant la mer, le coeur délivré", je lève les yeux, je hisse la voile et puis, au bout, tout au bout de la nuit, me prend l'envie de crever le temps.
Pour écouter des extraits du CD "Co milhor de Marti", c'est à un petit clic d'ici, trois fois rien mais tellement...
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Fasetz la lenga / 1907
1907, une date clé
(communiqué de l'Institut d'estudis occitans - Aude)
Voici cent ans, les Languedociens et les Catalans manifestaient pour défendre le vin naturel. Le vignoble est aujourd'hui plus restreint, les cartons emplis de crus de la Région font connaître partout des vins de qualité mais, dans le même temps, la viticulture est une fois de plus en crise. Y a-t-il des enseignements à retirer de la Révolte des Gueux du Midi ? Les esplanades qui ont vu passer, hérisser de pancartes et de drapeaux, les foules bigarrées des manifestants, les places qui ont retenti des discours pathétiques de Marcelin Albert et Ernest Ferroul sont devenues des parkings. Les déambulations familières des courtiers, des négociants et des propriétaires ont cessé et les marchés des vins se traitent dorénavant par courrier électronique.
Pourtant la révolte des vignerons, phénomène d'unanimisme social et de solidarité régionale, continue d'interpeller toute personne férue d'histoire et tout citoyen qui réfléchit sur le devenir de nos sociétés modernes. L'historien Rémy Pech, qui a consacré plusieurs ouvrages à 1907 et président du Comité audois de célébration, anime une conférence (entrée libre) ce mardi 27 février, à 21 h, à Ventenac-Cabardès (salle de la Distillerie). Il commentera avec précision la chronologie des événements, en tirera des leçons et ouvrira des pistes pour répondre aux problèmes de l'heure.
Mercredi, à Villegailhenc (Mairie, 18h ; entrée libre), l'Institut d'estudis occitans présentera son exposition intitulée "Èra l'an 1907". Suivront des lectures "Las Sasons de la Vinha", montage de textes d'auteurs occitans célébrant la vigne, le vin et les héros de 1907.
Ces deux manifestations ont lieu dans le cadre de la quinzaine occitane "Fasetz la lenga" organisée dans plusieurs villages du Cabardès, autour de Carcassonne. On en reparlera bien sûr, ici même, ainsi que de la manifestation du 17 mars à Béziers qui, sous le titre générique "Anem, Oc !" revendiquera la reconnaissance non seulement de la langue occitane mais également d'une indispensable diversité culturelle. On est encore très loin du compte, au pays des droits de l'homme et de la laïcité !
illustration : archives départementales de l'Aude.
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14.02.2007
Pour sauver les intermittents
Les dégâts occasionnés par le protocole de 2003 sur l'assurance chômage des artistes et des techniciens du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel engagés par intermittence ne sont plus à démontrer. A ce jour, ce n'est que grâce à nos mobilisations, que l'État a été contraint de mettre en place et de financer un fonds transitoire qui a permis de « repêcher » plus de 35 000 professionnels. Et, bien plus grave, la prétendue « professionnalisation » revendiquée par les signataires se traduit tout particulièrement pour les artistes par une crise de l'emploi sans précédent.
Au mépris de tous les rapports et des engagements pris alors par le gouvernement, et parce qu'il ne corrige en rien l'essentiel de la réforme de juin 2003, le protocole d'accord du 18 avril 2006, signé en catimini à la veille de Noël par 3 organisations syndicales minoritaires, se traduira par l'exclusion de milliers de professionnels.
Très en retrait par rapport au fonds transitoire, le fonds dit de « professionnalisation » annoncé par le gouvernement, adopté tout récemment à l'occasion de la loi de finances 2007 - qui n'a fait l'objet d'aucune discussion avec les organisations représentatives de nos secteurs d'activité - va nourrir et aggraver la crise de l'emploi des artistes, des réalisateurs, des techniciens et des ouvriers du spectacle vivant et enregistré, ce qui tournerait résolument le dos au légitime combat pour la diversité culturelle.
VOILÀ POURQUOI, NOUS NOUS OPPOSONS À SON AGRÉMENT.
VOILÀ POURQUOI NOUS VOUS DEMANDONS DE NE PAS L'AGRÉER.
Pour aider et, espérons-le, sauver les intermittents du spectacle, vous pouvez signer ce texte. C'est à un clic d'ici : http://www.synptac-cgt.com/~fnsac/petitions/2007-janvier/
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09.02.2007
La Poste menace l'édition
Reçu de L'Atelier du Gué, éditeur installé à Villelongue d'Aude, cet appel auquel je souscris et que je vous invite à relayer auprès de votre entourage.
La Poste a toujours été un des outils privilégiés de diffusion des livres et revues littéraires des éditeurs indépendants, auprès des libraires, des bibliothèques et du public.
Or, les transformations de La Poste, l’abandon des tarifs particuliers ou intermédiaires, la libéralisation des services, les fermetures de bureaux, mettent aujourd’hui leur existence en danger.
Ceci porte préjudice aux écrivains, à la création littéraire, aux éditeurs, aux libraires, aux lecteurs, comme à toute la chaîne du livre, (graphiste, photographe, imprimeur...)
Des tarifs postaux abusifs, la réduction programmée à l’accès des tarifs “presse” par de nouvelles contraintes administratives, l’abandon des tarifs réduits (“coliéco” “sacs postaux de librairies”… le refus de la Poste d’appliquer le tarif “livres et brochures” sur le territoire national), etc… remettent en question la pérennité de l’édition indépendante, et par voie de conséquence, entravent le droit d’expression, réduisent l’économie du livre et affaiblissent la démocratie.
De nombreuses petites structures éditoriales sont aujourd’hui contraintes à réduire ou à cesser leur activité.
Les soussignés s’inquiètent de cette situation et demandent à l’État, aux ministères concernés et à la direction de l’entreprise publique La Poste de créer un tarif préférentiel pour les livres et les revues (indépendamment, pour celles-ci, de l’attribution, ou non, d’un numéro de commission paritaire), afin de garantir pour demain la diversité culturelle et la libre circulation des idées. Vous pouvez signer en ligne et voir les premiers signataires sur : http://www.cynthia3000.info/petition/index.php?petition=3
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