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11.04.2007
entrer dans la parole
Ce poème a été écrit après les rencontres organisées autour de Bernard Noël lors de l'exposition "Bernard Noël et les peintres" à la Maison Joë Bousquet (8-10 novembre 2002). Il a ensuite été publié dans la collection "Poésies en voyage" des éditions La Porte.
A Bernard Noël
Figurons des naufrages
coulées de mots à travers nous
Perdus, les mots errent
leur futur fait silenceLa douleur de nous
séparés
tombe
sur le froid du monde
L’humilité d’une fraction de seconde céleste
Oublie
moi errant sur le corps de la phrase
en fragments détachés de la source
Oublie
corps mêlé en vain au désir
Oublie
l’étendue sans les mots
Les mots glissent dans les surplis
leur drapé fait écho de lumière à la mort
Le sens détourné de la marche
dans le silence des traversées
Coulées d’encre entre nos doigts
temps dispersé
Je t’arrête
sur ta lancée irais à l’autre bout du monde
limite de mon regard
A l’en-avant de moi
immobile
une image du silence
Je pleure toi parti
figuration de mon absence
Habitons le muable
nous éclairons à la bougie de l’instant
Comment savoir
l’espace
le face à soi ?
Veux toucher
et ne touche pas
crois être
et ne suis pas là
Un drapé de silence
tâtonne
Un pli de silences’étonne
Un drapé végétal
dans le nu de l’absence
Parfois la sensation d’avoir grandi
d’occuper maintenant plus d’espace
est-ce le signe que quelque chose en moi se déplace ?
Dans l’en-avant de moi
le drapé végétal du silence
Parfois le sentiment d’avoir perdu le sens
comme si un vide se creusait en moi
peut-être à cause de la distance
est-ce le signe que quelque chose en moi se décentre ?
N’écrire
que dans le risque du silence
Sommes retournés
dans le drapé du deuil
le noir drapé du deuil
Suis demeuré sur le seuil
A l’en-avant de moi
le silence
le porterai aussi loin qu’il y a de distance
Mais qu’est-ce que la distance ?
Le frottement de la langue au monde
le froissement des mots sur le corps
Derrière le silence
le silence
Et pour entrer dans la parole
encore le silence
Peut-être appartenons à cet espace
sans rien savoir de la nuit fleuve qui nous avale
Où serons-nous
quand aurons échappé au ventre ?
copyright Serge Bonnery, 2002.
07:15 Publié dans Mes pages perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
DA CAPO
Entrer en un seul pas
Un éclair entre les yeux
Tomber raide assis
Laisser faire le hamac
Sourire
Rien d'autre à faire
Mortelle randonnée
D'une seule fraction de seconde
Comme s'il n'existait
Que cet unique moment
Ecrit par : gmc | 07.01.2008
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