26.02.2007
Marti fa de politica / Co milhor
Et le voilà, le meilleur (Co milhor) de Claude. Seize parmi ses plus belles chansons. On dira malgré lui de certaines qu'avec le temps, elles sont devenues emblématiques. Montségur, évidemment : Cinq cents vous étiez à Montségur / Qui saviez ce que vivre veut dire / Cinq cents étiez à Montségur / Sûr, au-delà de l'azur / Sûr, loin, là-bas, derrière l'azur (je traduis... librement). Lo pais que vol viure : "Maman, je me souviens / De tout ce que tu racontais / Je veux chanter le vent / Qui parle en langue d'Oc". Et ces commandos de la nuit qui, dans les années 70, empruntant les sentes obscures des Corbières, allaient faire péter les poches pleines des profiteurs : "Nous n'avons pas tremblé devant le Tigre / En 1907 / Nous nous foutons comme d'une figue / Des menaces de Ponia..." (Ponia, pour mémoire, c'était Poniatowski, le ministre de l'intérieur de Giscard, celui qui fondait comme le plomb les mots matraque et démocratie en un seul et même vocable, quelle sale époque, vraiment... J'avais quinze ans et des frissons dans le dos, je sentais le froid, la nuit, se répandre sur la mémoire des miens). Galilée ? Il en parle, Claude, à sa manière. Ce qu'il retient de l'homme, c'est encore, comme toujours chez Claude, une histoire d'homme : "Salut à la docte assemblée / J'avoue que trois plus trois font sept", froide mathématique de la dictature, allons, ailleurs, là où "Nous sommes un morceau d'étoile / Un caillou lancé dans le noir"...
C'est tout cela, Marti, et plus encore, en seize chansons réorchestrées avec sa tribu de musiciens fidèles. Tout cela, et plus encore. Je me souviens, un jour d'enfance, c'était un dimanche, nous allions visiter, mes parents et moi, notre oncle et notre tante de Béziers. "Juju", nous l'appelions. Son vrai prénom, c'était Juliette. Je l'adorais. Son petit appartement vétuste de la rue du Cirque était, pour mon regard d'enfant, une caverne d'Ali-Baba. Il y avait de tout, dans ce bric-à-brac que je trouvais génial. Des perruches dans une cage qui chantaient à tue-tête. Des vierges en verre contenant de l'eau bénite de Lourdes. Et ces petits pantins montés sur des cylindres de bois que l'on désarticulait par une simple pression du doigt. En chemin, je récitais dans ma tête des chansons de Bob Dylan, extraites de son album de cette année-là, "Desire". Et Marti, il était tout à côté, là, près de moi. Il avait pris la forme physique de ma guitare sur laquelleje plaquais avec maladresse mes rêves d'adolescent. Sur la caisse de cette guitare que j'ai perdue depuis longtemps déjà, j'avais apposé un autocollant "Oc", imprimé en caractères bien gras sur un fond blanc, il avait la forme ovale d'un ballon de rugby, ou d'un projectile que tu balances à la tête de ceux qui n'ont qu'une obsession, celle de t'effacer de la vie et de l'histoire.
Sauf que derrière tout cela, il y a les troubadours, les sculptures romanes du Maître de Cabestany, et les chansons de Claude, et ce pays, le mien, qui est aussi le vôtre, ce pays qui veut vivre, l'Occitanie, terre de la rencontre, de l'ouverture aux civilisations, terre dont l'histoire se confond à l'histoire des hommes. Et si nous ne restons pas agrippés à cette idée que l'Histoire avec un grand H, ce n'est jamais qu'une histoire d'hommes, nous glisserons brutalement dans le Néant.
Marti, il nous protège de cela. Il nous protège du néant. Alors avec lui, oui, je vais "voir les bateaux / Et devant la mer, le coeur délivré", je lève les yeux, je hisse la voile et puis, au bout, tout au bout de la nuit, me prend l'envie de crever le temps.
Pour écouter des extraits du CD "Co milhor de Marti", c'est à un petit clic d'ici, trois fois rien mais tellement...
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Fasetz la lenga / 1907
1907, une date clé
(communiqué de l'Institut d'estudis occitans - Aude)
Voici cent ans, les Languedociens et les Catalans manifestaient pour défendre le vin naturel. Le vignoble est aujourd'hui plus restreint, les cartons emplis de crus de la Région font connaître partout des vins de qualité mais, dans le même temps, la viticulture est une fois de plus en crise. Y a-t-il des enseignements à retirer de la Révolte des Gueux du Midi ? Les esplanades qui ont vu passer, hérisser de pancartes et de drapeaux, les foules bigarrées des manifestants, les places qui ont retenti des discours pathétiques de Marcelin Albert et Ernest Ferroul sont devenues des parkings. Les déambulations familières des courtiers, des négociants et des propriétaires ont cessé et les marchés des vins se traitent dorénavant par courrier électronique.
Pourtant la révolte des vignerons, phénomène d'unanimisme social et de solidarité régionale, continue d'interpeller toute personne férue d'histoire et tout citoyen qui réfléchit sur le devenir de nos sociétés modernes. L'historien Rémy Pech, qui a consacré plusieurs ouvrages à 1907 et président du Comité audois de célébration, anime une conférence (entrée libre) ce mardi 27 février, à 21 h, à Ventenac-Cabardès (salle de la Distillerie). Il commentera avec précision la chronologie des événements, en tirera des leçons et ouvrira des pistes pour répondre aux problèmes de l'heure.
Mercredi, à Villegailhenc (Mairie, 18h ; entrée libre), l'Institut d'estudis occitans présentera son exposition intitulée "Èra l'an 1907". Suivront des lectures "Las Sasons de la Vinha", montage de textes d'auteurs occitans célébrant la vigne, le vin et les héros de 1907.
Ces deux manifestations ont lieu dans le cadre de la quinzaine occitane "Fasetz la lenga" organisée dans plusieurs villages du Cabardès, autour de Carcassonne. On en reparlera bien sûr, ici même, ainsi que de la manifestation du 17 mars à Béziers qui, sous le titre générique "Anem, Oc !" revendiquera la reconnaissance non seulement de la langue occitane mais également d'une indispensable diversité culturelle. On est encore très loin du compte, au pays des droits de l'homme et de la laïcité !
illustration : archives départementales de l'Aude.
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25.02.2007
Jacques Dupin en Ardèche
Matière d'origine, Jacques Dupin
Le n°20 / 21 de Faire Part intitulé « Matière d’origine, Jacques Dupin » est l’aboutissement d’un projet porté par la revue depuis de nombreuses années. Nous devions trouver la manière de nous approprier différemment cette écriture, et outre du « grand poète » qu’il est, parler comme l’écrira Gil Jouanard, d’un « pays » en poésie et d’un « pays » d’Ardèche, restituer le poète à ses paysages. Nous concrétisons ce projet en 2007, pour les 80 ans de Jacques Dupin. En Ardèche où il est né le 4 mars 1927. Durant son enfance, Jacques Dupin a vécu à deux reprises à Privas, puis plus tard au Hameau des Salelles, à Saint-Maurice d’Ibie. Depuis 1944, il vit à Paris et dans les Pyrénées-Orientales. Secrétaire des Cahiers d’Art de Christian Zervos, en 1952, il devient directeur des éditions de la galerie Maeght en 1956, puis co-directeur de la Galerie Lelong en 1981. Actuellement, il s’occupe de l’oeuvre de Joan Miro, pour lequel il a rédigé de nombreux écrits, dont une importante biographie. Ami avec des écrivains dont Maurice Blanchot, André Frénaud, Francis Ponge, Pierre Reverdy, il est l’un des fondateurs de l’importante revue L’Ephémère en 1966, avec Yves Bonnefoy, Paul Celan, André Du Bouchet, Louis-René des Forêts , Gaëtan Picon. Il en assuré la coordination.
Ami avec des artistes, il organise des expositions, écrit des articles ou des préfaces pour les catalogues, ou encore crée avec eux des livres singuliers, des livres d’artistes : Constantin Brancusi, Victor Brauner, Georges Braque, Alberto Giacometti, Jean Hélion, Wifredo Lam, André Masson, Joan Miro, Henri Michaux, Pablo Picasso, Nicolas de Staël, Bram van Velde, et plus près de nous, Valerio Adami, Pierre Alechinsky, Francis Bacon, Jean Capdeville, Eduardo Chillida, Colette Deblé, Joan Mitchell, Raquel, Paul Rebeyrolle, Jean-Paul Riopelle, Antonio Saura, José Maria Sicilia, Antoni Tàpies, Gérard Titus-Carmel, Raoul Ubac, Jan Voss.
Comme avec les écrivains, la compagnie et l’accompagnement des artistes sont déterminants pour le travail de Jacques Dupin, dans la lumière de l’autre qu’il recherche ardemment, dont il devine la tension. Ses écrivains et artistes contemporains, qui ont tous marqué l’histoire de la littérature et de l’art, sont ses « alliés substantiels ».
De Cendrier du voyage (GLM, 1950, réédition Fissile en 2006) à Coudrier (POL, 2006), en passant par Gravir (Galllimard, 1963), Dehors (Gallimard, 1975), Les Mères (Fata Morgana, 1986), Echancré (POL, 1991), Eclisse (Spectres Familiers, 1992), Ecart (POL, 2000), de très nombreux livres jalonnent son parcours. A côté des livres courants , il y a aussi ces livres d’artistes importants : La Nuit grandissante, avec Antoni Tàpies ( Erker Press, 1968), Proximité du murmure, avec raoul Ubac (Maeght, 1971), L’Issue dérobée, avec Joan Miro (Maeght, 1974), Matière du souffle, avec Antoni Tàpies (Lelong & T, 1991), Nacelle, avec Jan Voss ( Lelong, 1995), Impromptu, avec José Maria Sicilia (Michael Woolworth, 1995), Combe osbscure , avec Jean Capdeville (Ecarts, 1999)…. qui jalonnent l’histoire des livres d’artistes. En 1988, Jacques Dupin reçoit le Grand Prix national de Poésie. En 1998 , les éditions Gallimard reprennent plusieurs de ses livres dans Le Corps clairvoyant : 1963-1982.
Le n° 20 / 21 de la revue Faire Part est une reconnaissance, au sens de reconnaissance d’une œuvre forte, intense, « lieu hors de tout lieu » pour reprendre les mots de Claude Esteban, reconnaissance au sens aussi de gratitude, tant nous sommes reliés à l’œuvre de Jacques Dupin et lui sommes redevables. Quelque chose comme un exercice d’admiration. « Matière d’origine, Jacques Dupin » vient parcourir et reconnaître son travail, après d’autres reconnaissances : les expositions à l’Ecole des Beaux-Arts de Quimper (1986), au Musée de Gravelines (1996), au Cipm à Marseille (1988 et 1992), à la Cité du Livre/Ecritures croisées à Aix-en-Provence (2001), ainsi que des cahiers et numéros de revues : Revue des Belles Lettres n°3-4 (1986), Le Cahier du Refuge n°22 (CIPM, 1992), L’Injonction silencieuse, cahier Jacques Dupin (La Table ronde, 1995), Prétexte n°9 (1996), Cahiers de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet n°2 (1998), Strates, cahier jacques Dupin (Farrago, 2000), Méthode ! n°8 (Vallongues, 2006). Ainsi que les livres de Michael Brophy, Maryann De Julio, Valéry Hugotte, John E. Jackson, Seiji Marukawa, Nicolas Pesquès, Georges Raillard, Dominique Viart. La revue faire part paraît au même moment qu’un livre « Mélanges pour Jacques Dupin » aux éditions POL, sous la direction de Nicolas Pesquès : de nombreux écrivains et artistes d’aujourd’hui y affirment la présence forte de cet écrivain, qui est plus que jamais notre « extrême contemporain ».
Jacques Dupin écrit dans « le bonheur de vivre à l’affût d’être touché par l’infime », il « écrit ce qu’il ignore », il « attend très bas la première goutte d’eau souterraine qui décomposera la lumière. L’éparpillement dans la terre des lettres d’un nom éclaté ». Il écrit, dans l’un éclaté, et s’adressant à l’autre, inventant sa présence, « à l’inconnu de tout lecteur ». Il écrit l’abrupt, l’aride, d’une lettre à l’autre, d’un mot à l’autre, d’un livre à l’autre, il laisse toujours un mot, dehors, une « matière du souffle », une « matière d’infini », pour ainsi dire une matière d’origine, de commencements, il reprend le fil, il revient à la ligne, comme au seuil de l’autre. La poésie et la pensée s’y défient dans l’attrait et l’affront proche du silence, tout à leur extrême solitude et à l’empoigne du réel, dans la recherche, coûte que coûte, de la lumière.
La parution de ce n° 20 / 21 de faire part s’accompagne d’une série de manifestations à Privas, sa ville natale.
Exposition : 27 février-24 mars, Théâtre Municipal, « les artistes et Jacques Dupin » : œuvres et livres d’artistes, en présence de l’auteur.
Colloque : 9 mars, Théâtre Municipal, en présence de Jacques Dupin, avec Christian Arthaud, Alain Chanéac, Jean Gabriel Cosculluela, Alain Coste, Valéry Hugotte, Gilberto Isella, Emmanuel Laugier, Nicolas Pesquès.
Lectures : 3 mars, Médiathèque Municipale, avec Elizabeth Macocco, Dominique Lardenois, les élèves théâtre du Lycée Vincent d’Indy, & 9 mars au Théâtre municipal, avec Jacques Dupin & Elizabeth Macocco
Rencontre : 14 mars, Théâtre Municipal « La poésie dans l’art contemporain » avec Mireille Cluzet et Elizabeth Macocco.
Inscriptions et renseignements : Alain Chanéac, revue faire part 04 75 29 41 36 & Théâtre Municipal de Privas 04 75 64 93 39. Pour recevoir le numéro de la revue Faire Part : 23 euros (3,62 port) à adresser à Alain Chanéac, 8 chemin des Teinturiers, 07160 Le Cheylard.
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22.02.2007
Franc Ducros à Carcassonne
Poète, critique et traducteur, Franc Ducros vit et travaille à Montpellier. Il sera le samedi 3 mars au centre Joë Bousquet de Carcassonne pour évoquer l'oeuvre poétique d'André du Bouchet, dans le cadre de l'exposition consacrée au peintre cérétan Jean Capdeville. Le même jour, l'écrivain montpelliérain Mickaël Gluck évoquera l'oeuvre d'Edmond Jabès.
Franc Ducros réalise aussi des livres d'artistes. Ici, en illustration : Delphes écrit en 1999 avec Anne Slacik.
En attendant ce rendez-vous, Franc Ducros est l'invité, vendredi 23 février à 23 h 30, de l'émission d'Alain Veinstein "Du jour au lendemain" sur France Culture. On peut écouter en direct, mais aussi sur le site de France Culture après la diffusion de l'émission. Il y parlera de ses trois derniers livres : Notes sur la poésie (2006), Ici partagé, disparaissant (2006) et Lectures poétiques (2007), tous publiés aux éditions Champ social/Théétète.
C'est à un clic d'ici. http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissio...
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20.02.2007
JB (3) / Lettera amorosa
Le poème d'amour (Lettera amorosa) est le thème du printemps des poètes 2007. Sa correspondance amoureuse et nombre de ses textes en témoignent : Joe Bousquet se distingue, dans la poésie du XXème siècle, par sa quête d'un amour fou qui s'enracine dans la poésie des troubadours et qu'André Breton placera au centre de son oeuvre.
Pour donner à lire Bousquet, voici un poème écrit en 1921 sous le titre Elégie. Une lettera amorosa qui témoigne d'une naissance à l'écriture, au moment où l'homme se détourne de la blessure reçue le 27 mai 1918 sur le front de l'Aisne, à Vailly, pour tourner résolument son regard vers l'horizon illimité du rêve et de la vie.
ELEGIE
Sous des plis de velours l'heure aux doigts blonds s'esquive / L'ombre assoupit l'angoisse où mon âme captive / Languit, s'éveille et s'offre à l'haleine des fleurs. / Le soir dévore au ciel des lacs pleins de pâleurs / Tandis que l'horizon orne au loin son visage / D'un regard où le jour moribond ennuage / D'ambre et d'or les lambeaux de la vivante nuit.
A la cime des pins l'ombre étouffe le bruit. / J'écoute dans mon coeur, l'écho des sources folles, / J'entends rire et trembler l'eau qui court sous les saules : / aigre, un cri de grillon élève jusqu'à moi / des frôlements d'herbe froissée. Un vague effroi / tressaille au lent frisson des sanglots de l'effraie, / des oiseaux, en rêvant, bougent dans la saulaie / et je crois par l'effet de quelque grave accord / penser avec le coeur profond du soir qui dort.
Il flotte aux longs sommeils de ces langueurs d'automne / Un frisson si nouveau que mon âme s'étonne / Comme un enfant ravi de découvrir la mer. / Mais l'ombre a fait éclore un charme dans ma chair. / Est-ce le souvenir de ma blonde inconnue / qui, tenace et léger, dans la nuit s'insinue / et prête à ma pensée un peu de ses douceurs ? / Est-ce un amour naissant qui rôde en mes langueurs ? / Ou sur l'air odorant l'aile souple d'un songe / qui me frôle et s'enfuit sous ce jour qui s'allonge ?
Car la lune se lève et pose au ciel changeant / sur un champ de velours, la patère d'argent / d'où neige sur mon rêve offert au soir, sans voiles, / une libation de lumière et d'étoiles.
copyright : Joe Bousquet - Lettres à Marthe - Editions Gallimard, 1978
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Editions Verdier / Encore, toujours
Verdier consolide encore sa position dans le monde de l'édition française.
Créées il y a vingt-sept ans dans le Val de Dagne, au hameau de Villemagne, les éditions Verdier sont devenues une référence. Après le lancement d'une collection de poche l'an passé, le rachat de l'éditeur Farrago est désormais conclu. Récit d'une réussite malgré un contexte économique difficile.
Le hameau de Villemagne. Une poignée de maisons. Un lieu écartelé entre Val de Dagne et Hautes-Corbières. C'est ici qu'en 1979, naissent les éditions Verdier, "de la conjonction de plusieurs éléments", rappelle le fondateur, toujours aux manettes, Gérard Bobillier. Ces éléments sont l'intérêt que portera très vite Verdier à la spiritualité hébraïque, à la philosophie grecque et aux expériences d'écriture dans le domaine de la narration.
"L'époque connaissait moins de turbulences sur le plan de la diffusion du livre", se souvient celui que la famille Verdier surnomme "Bob". Il n'empêche, il fallait une énorme dose de culot, voire d'inconscience, pour lancer l'une des toutes premières maisons d'édition en région : "Nous n'avons pas vraiment examiné les questions d'ordre économique. Si nous avions réfléchi, nous ne nous serions jamais lancés. Nous étions ignorants de ce monde-là".
"A la marge". Sauf que vingt-sept ans après leur création, les éditions Verdier sont toujours présentes sur les tables des librairies. En bonne place. Avec un catalogue riche de 700 titres (lire ci-contre) répartis en plusieurs collections, dont celle de poche, créée en 2006. Le secret pour durer dans un univers confronté à la concurrence de plus en plus vive des nouvelles technologies, aux stratégies de concentration des grands groupes détenant les clés de la diffusion et à la crise qui met en péril la librairie indépendante ? Il tient en un mot : l'exigence. Dans le choix des auteurs et des textes publiés. A la marge. "Mais les marges éclairent le centre", réplique Gérard Bobillier. Verdier a construit sa notoriété dans des domaines où peu d'éditeurs ont osé s'aventurer ces trente dernières années. "La petite édition vit sur un paradoxe. Elle est confrontée à une redoutable fragilité économique compensée par une immense volonté de donner à lire et à comprendre". Cette fragilité, "c'est le temps qui permet de la surmonter". Aujourd'hui, Verdier assure 50 % de son chiffre d'affaires avec son catalogue. "Cela nous permet de publier des nouveautés en prenant moins de risque qu'à nos débuts". Au fil du temps, sont venus les rachats de catalogues d'autres éditeurs, "des catalogues que nous respections et dont les titres ne devaient pas finir dans les poubelles du temps".
Dans la poche. Dans les prochains jours, Verdier deviendra propriétaire de son confrère Farrago. L'aventure continue. Avec aussi la toute nouvelle collection de poche dans laquelle l'éditeur reprend son propre fonds, va puiser dans les catalogues d'autres éditeurs et innove en publiant aussi de l'inédit. "Verdier poche est une collection bon marché mais qui répond à une exigence et une qualité éditoriale. C'est pensé comme une sorte de pléiade de poche", explique le directeur. Parmi les nouveautés qui arrivent chez les libraires, un récit de Pierre Michon intitulé "L'Empereur d'Occident", publié il y a dix-sept ans par Fata Morgana à Montpellier et qui parle des disputes théologiques et des hérésies à l'époque des grandes invasions et des royaumes barbares. Le long chemin de Verdier dans le monde de l'édition ne se poursuivrait pas sans quelques succès de librairie, toujours surprenants parce que pas vraiment prévus dans la feuille de route de l'éditeur. Le dernier en date n'est autre que les "Carnets" de Pierre Bergounioux, 1000 pages de confidences sur papier bible, vendues à plus de 3 500 exemplaires et dont le deuxième tome de 1 500 pages paraîtra en septembre prochain. Il fallait oser. Comme Verdier a osé les "Récits de la Kolyma" de Varlam Chalamov, 1 536 pages déjà vendues à plus de 2 000 exemplaires. Les 100 000 pages vues du site Internet "editions-verdier.fr" en disent long sur l'intérêt des lecteurs pour le catalogue de l'éditeur audois. Dans ce domaine aussi, Verdier a été pionnier en étant une des toutes premières maisons à s'offrir une vitrine sur le web. Là encore, il fallait oser, dans une période où l'édition voyait l'Internet comme le pire ennemi. "Osez lutter, osez vaincre", sourit Gérard Bobillier en se souvenant de Mao Tse Toung. En 1979, c'était déjà cela, le pari.
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14.02.2007
Pour sauver les intermittents
Les dégâts occasionnés par le protocole de 2003 sur l'assurance chômage des artistes et des techniciens du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel engagés par intermittence ne sont plus à démontrer. A ce jour, ce n'est que grâce à nos mobilisations, que l'État a été contraint de mettre en place et de financer un fonds transitoire qui a permis de « repêcher » plus de 35 000 professionnels. Et, bien plus grave, la prétendue « professionnalisation » revendiquée par les signataires se traduit tout particulièrement pour les artistes par une crise de l'emploi sans précédent.
Au mépris de tous les rapports et des engagements pris alors par le gouvernement, et parce qu'il ne corrige en rien l'essentiel de la réforme de juin 2003, le protocole d'accord du 18 avril 2006, signé en catimini à la veille de Noël par 3 organisations syndicales minoritaires, se traduira par l'exclusion de milliers de professionnels.
Très en retrait par rapport au fonds transitoire, le fonds dit de « professionnalisation » annoncé par le gouvernement, adopté tout récemment à l'occasion de la loi de finances 2007 - qui n'a fait l'objet d'aucune discussion avec les organisations représentatives de nos secteurs d'activité - va nourrir et aggraver la crise de l'emploi des artistes, des réalisateurs, des techniciens et des ouvriers du spectacle vivant et enregistré, ce qui tournerait résolument le dos au légitime combat pour la diversité culturelle.
VOILÀ POURQUOI, NOUS NOUS OPPOSONS À SON AGRÉMENT.
VOILÀ POURQUOI NOUS VOUS DEMANDONS DE NE PAS L'AGRÉER.
Pour aider et, espérons-le, sauver les intermittents du spectacle, vous pouvez signer ce texte. C'est à un clic d'ici : http://www.synptac-cgt.com/~fnsac/petitions/2007-janvier/
08:45 Publié dans Résistance(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.02.2007
François Bon & Bob Dylan (2)
Le feuilleton de François Bon consacré à Bob Dylan continue sur France Culture. C'est du lundi au vendredi, à 15 h 40, jusqu'au 23 février. Bien sûr, on continue à écouter, le soir après la journée de travail et/ou tôt le matin, pour tenter de pousser plus loin les bords du monde. Et pour prolonger cette écoute, on peut aussi passer par le Tiers Livre de François Bon où sont déposées des notes de travail sur la création de ce feuilleton. C'est à un clic d'ici.
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Anne Slacik chez Elsa Triolet & Aragon
Anne Slacik expose jusqu'au 15 avril au Moulin de Villeneuve, la maison d'Elsa Triolet et Aragon à Saint-Arnoult en Yvelines. Vernissage le 11 mars 2007 à partir de 15 h suivi d'une lecture du poète J.J. Guglielmi à 16 h 30.
Pour en savoir plus, c'est à un clic d'ici : http://www.maison-triolet-aragon.com/article.php3?id_arti...
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12.02.2007
Jean Capdeville, un peintre et des poètes
Jean Capdeville vit et peint à Céret (Pyrénées-Orientales). L'artiste est rare depuis qu'il a décidé de ne plus exposer son travail, après avoir définitivement quitté Paris et tourné le dos aux formes traditionnelles de diffusion artistique.
Ce sont donc ses amis qui se sont rassemblés afin de montrer au public les oeuvres et les livres réalisés par Jean Capdeville en relation avec les poètes Paul Celan, André du Bouchet, Edmond Jabès... ou les philosophes, et en particulier Simone Weil dont l'artiste est un lecteur assidu.
Toiles, papiers, livres typographiés ou simplement manuscrits : dans son exploration des relations entre écriture et arts plastiques, le centre Joë Bousquet accueille Jean Capdeville dans les salles d'exposition de la Maison Bousquet, 53 rue de Verdun à Carcassonne.
La télévision locale Canal Cité(s) a consacré un reportage à cette initiative. C'est à un clic d'ici : http://www.canal-cites.com/index.php?video=capdeville&...
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