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05.02.2007
JB (2) / Une correspondance avec René Char
Nous partageons dans le silence...
quelques traces écrites qui témoignent des relations entre Joë Bousquet et René Char
Extrait d'un article de Joë Bousquet paru dans La gazette des Lettres le 31 août 1946 après la publication des Feuillets d'Hypnos :
Celui des hommes que j'estime le plus est aujourd'hui René Char. René Char ne croit pas que la vie ait un sens, il nous enseigne que nous créons ce sens et que nul n'y peut prétendre qu'il ne soit auparavant devenu sa vie même, tout ce que peut devenir une vie. Voir plus loin aveugle.
Dans les années 1947 - 1949, Gaston Puel entretient d'étroites relations avec René Char et Joë Bousquet. Les deux poètes "s'écrivent" par son intermédiaire. Ainsi, Gaston Puel recueille dans ses correspondances avec les deux hommes le témoignage de l'estime qu'ils se portent mutuellement.
Le 2 septembre 1947, René Char écrit à Jean Ballard, directeur des Cahiers du Sud :
Je nourris beaucoup d'estime pour Bousquet comme vous savez. Il est bien patient avec ma poésie.
Extrait d'une lettre de Joë Bousquet à Gaston Puel, 1948 :
Songez que j'ai à ma gauche tous les derniers livres de Char. De temps à autre, je me redonne du courage en relisant un de ses poèmes ou en l'apprenant par cœur. Parce que Char est le poète de ce monde plus en relief et plus simple, plus grand que j'entrevois...
Extrait d'une lettre de René Char à Gaston Puel, 15 août 1949 :
Merci des lignes de Joë Bousquet. Il doit savoir que nous partageons dans le silence nos ressources réciproques. Je l'aime bien et pour toujours...
Joë Bousquet est mort le 28 septembre 1950. Trois mois plus tard, le 27 décembre 1950, René Char écrit à Jean Paulhan (éditeur de Bousquet chez Gallimard).
Cher Jean Paulhan,
Joë Bousquet a été pour moi, à un tournant difficile de ma vie le prompt et pur compagnon secourable. Il reste celui qui sut toujours entre deux êtres tenir propre la vitre. Je l'aimais bien. Penser à lui fait se pencher sur le perpétuel la fleur qui a le cœur majeur, toujours si étrangement cachée.
Cet extrait est cité par Charles Debierre dans son article "Joë Bousquet, le lieu d'un démenti", paru en mai 1988 dans la revue de l'université de Pavie Il confronto literario. Merci à Alain Freixe de nous l'avoir signalé.
Sources : Char dans l'atelier du poète (Gallimard collection Quarto). René Char - Jean Ballard : Correspondance (éditions Rougerie). Voisinages de René Char, catalogue de l'exposition du musée de Rodez (2001)
Collecté par Serge Bonnery
22:50 Publié dans Joe Bousquet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Belle recension! A mettre en évidence en cette année René Char.
Ecrit par : Alain Freixe | 08.02.2007
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